Archives d’Auteur: Patricia Buigné-Verron

À propos de Patricia Buigné-Verron

En quête du SOI à travers la psychologie des profondeurs, les mythes et les cultures, les rêves et la créativité, la danse et la Conscience Vibratoire du Toucher, la nature et ses cycles, le féminin de l’être… entre autres sujets abordés sur mon site www.mouvement-interieur.org.

je suis chant

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paroles : Véronique Thomas-Caudal

je suis chant
enraciné

je suis chant
verticalité

je suis chant
accordé

je suis chant
ressenti

je suis chant
énergie

je suis chant
harmonie

refrain:

voix-ci, voix-là
résonnent en moi
voix d’ici, voix de là
enchantent-moi
j’écoute ma voix
et c’est moi !

Véronique Thomas-Caudal est musicienne intervenante, chanteuse dans le trio polyphonique Izvan, chef de choeur, pédagogue de la voix certifiée « Roy Hart Theatre ».

Contact pour cours individuels : veronique.caudal@cegetel.net

Mélusine et le feu dans l’eau

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Article de Patricia Buigné-Verron
www.mouvement-interieur.org

Voir résumé de la légende de mélusine à la fin de ce texte

Deux dans l’Une, dedans l’Une

Mélusine je suis, Mère Lusine, Mère Lucie ou Mère Lux, la Mère Lumière… Mais aussi Lugina, la parèdre de Lug. Si je viens du « Pays Blanc », l’Albanie (autre nom pour «l’Ecosse»), je donne à voir mon ombre autant que ma lumière. Fée et femme, humaine et serpente, divine et démone, mère et amante, bâtisseuse et issue du chaos, eau et feu, bien que «Une» je sois, double est ma nature, tant je suis liée à la Vie autant qu’à la Mort…

Femme d’eau avant toute chose, j’aime conter comment l’amour a attisé mon feu secret alors que j’apercevais dans le miroir de l’onde de la « Fontaine de Soif », l’un des lieux d’eau où je me régénère, l’image de Raymondin, ma part masculine. Il était triste et éteint et une étincelle, jaillissant de mon feu intérieur, est venue embraser son cœur. J’ai su immédiatement qu’il allait être celui  par lequel j’allais accomplir ce destin humain dont je devais faire l’expérience. Curieusement, le feu de mon eau, c’est dans les bains hebdomadaires que je l’entretiens. Il suffit, en effet, que je me glisse dans mon bassin de marbre, bien à l’abri des regards profanes, pour retrouver ma forme sacrée. Là, j’arbore l’énorme queue de serpent dont ma mère m’a dotée et l’agite vigoureusement dans mes eaux matricielles. Qui pourrait imaginer que l’énergie prodigieuse alors déployée, appelle le feu d’en haut à s’unir au feu d’en bas, dans le creuset alchimique de mon bassin ?  Dans cette danse des flammes, mon âme s’enspirale  tandis que se répand alentour le Feu igné.

Trois « fonctions »

Dans la région poitevine où je réside, on me connaît pour mon activité colossale de défricheuse et de bâtisseuse. En effet, pour l’amour de mon époux, mais aussi pour utiliser le feu qui m’anime, j’ai fait construire mystérieusement les châteaux de Lusignan, de Mervent, Vouvant, Saint-Maixent, Parthenay et bien d’autres œuvres encore… Certes, j’assure la «fonction production» avec la fécondité et la richesse associées. Mais n’ai-je pas aussi donné naissance à une lignée de chevaliers et de conquérants pour laquelle on m’attribue aussi la « fonction force », cette force martiale qui protège ? Quant à la « fonction sacerdotale » qui définit mon lien avec la Connaissance, la Souveraineté et le Sacré, je la tiens de ma queue de serpent dont découle l’onde de vie qui se propage sur mon passage.

Trois « principes »

Dame des Philosophes, je suis pour eux le « Mercure libre », subtil et immatériel, le principe volatil de la matière. Mais tout me pousse à « fixer le volatil » de mon Mercure pour permettre au Soufre, principe masculin fixe, de « volatiliser le fixe » de son état  et qu’il ne reste que le blanc dépôt du Sel après la longue épure de bains en bains dans le vase alchimique, cette cuve où je me baigne… De la célébration des « noces  mystiques du Roi et de la Reine » jaillit le feu de la « Salamandre » grâce à l’action de ma queue de serpent. C’est alors que je deviens « Dragon Ailée » ou « Mercure Double » ou encore « l’Androgyne ». Je suis, en fait, la Mère-Cure, celle qui guérit par l’équilibre et l’harmonie, et mon double pouvoir de Mort et de Vie, de séparation et de réunion, « Solve et Coagula », me permet, à certains moments de l’Année, de trouver l’accord entre le sec et l’humide, le feu et l’eau, en les maintenant conjointement dans une tension créatrice où l’eau ne mouille pas et le feu ne brûle pas mais, au contraire, se nourrissent l’un de l’autre…

Quatre éléments

Comme Mère Cure, on me retrouve dans les fontaines guérisseuses auxquelles on donne des noms de Saints ou de Saintes, faute de mieux me connaître. Car je suis une femme Vouivre qui serpente et ondule sous la terre pour la réchauffer et la régénérer afin d’en garantir fertilité et fécondité. En échange, je reçois ses oligo-éléments et ses sels minéraux qui confèrent à mes Sources une qualité exceptionnelle. En recueillant mon eau, on me vénère et on erre dans mes veines, les « Veines du Dragon », ces courants telluriques que je parcours indéfiniment. Chacun veut s’imprégner de la force prodigieuse qui y circule tandis que je m’efforce d’en maintenir l’accord avec les flux cosmiques gérés par la Grande Ourse. Cet accord, le Roi Arthur (l’Ours), ce fils de Pen Dragon, l’avait trouvé et son règne en a bénéficié. Les « Veines du Dragon », ce sont les méridiens de la terre dont les anciens avaient toute connaissance. Pour honorer certains de leurs points, et dans un travail d’acupuncture terrestre de recherche d’équilibre, ils y plaçaient des mégalithes auxquelles on donne parfois le nom de « dracontias ». Mais quand les  « Veines du Dragon »  viennent à se confondre avec le lit d’un fleuve,  alors je laisse libre cours à mes débordements et les eaux se gonflent démesurément jusqu’à ce que crues dévastatrices s’ensuivent. Le « Drac » notamment, ce fleuve au nom de dragon, connaît bien mes excès. Non loin de ses berges, dans les grottes nommées les «Cuves de Sassenage», je me suis aménagé un sas sans âge, une sorte de cuve secondaire qui n’est pas sans me rappeler celle de mon Poitou natal, à Lusignan où ma légende reste attachée. De la Vouivre au Dragon, il n’y a donc qu’un pas griffu, un coup de nageoire, un coup de flamme, ou un coup d’ailes… Certes, je vis dans les entrailles de la terre à la recherche des cours d’eau, mon feu s’exprime par des éruptions volcaniques dont les gaz, portés par mes ailes, se propagent dans les airs. On m’attribue les forces terrifiantes de l’érosion qui sculptent les paysages dans une transformation perpétuelle…

 Illustration : Mélusine de l’ossuaire de Sizun (finistère)

L’envol du Dragon

A Lusignan, dans le secret de mon bassin, chaque samedi, rituellement, j’enroule les cycles et célèbre mes rythmes naturels dans un processus de  renouvellement infini. Cela implique toutefois des sacrifices nécessaires dont mon époux, Raymondin, a fait les frais. Il faut dire qu’il avait découvert ma véritable nature en me regardant, indiscrètement, par le trou de la serrure, m’ébattre dans mon bain. Il est des « portes initiatiques » que l’on ne force pas. Nul ne peut pénétrer les  mystères de la Nature et de ses processus de transformation s’il est seulement animé d’une curiosité gratuite. Raymondin n’était pas prêt à franchir ce seuil qui séparait l’espace profane de l’espace sacré. Le temps de sa « deuxième naissance » n’était pas encore venu. Là s’arrêtait donc mon œuvre et je devais le laisser face à sa liberté. A lui, désormais, d’accomplir sa voie, d’accéder à sa véritable royauté. Je n’étais jusque là qu’une femme serpente lorsque je senti me pousser de grandes ailes de chauve-souris. C’est sous la forme d’un Dragon ailé de taille gigantesque que je pris mon envol depuis une fenêtre du château non sans, auparavant, avoir pris soin de proclamer à tous ma « filiation royale » (ma mère est la fée Presine et mon père, le Roi d’Albanie). Je fis trois fois le tour du château en poussant un cri étrange et douloureux avant de disparaitre dans les nues… aux yeux des humains seulement. Car je reste une « passeuse » d’entre deux mondes, liée à la Vie et à la Mort. La Vie, je l’honore en revenant secrètement chaque nuit pour allaiter mes derniers enfants dans la continuation de mon oeuvre divine à travers ma lignée, tant il est vrai que « la Voie Lactée » permet, d’après vos alchimistes, le passage du monde visible au monde invisible. La Mort, je l’accueille dans la « vraie vie » de l’Autre Monde et, lorsqu’un descendant mâle des Lusignan est sur le point de mourir, je viens prévenir en lançant un grand cri qui retentit alentour…

Illustration : Mélusine sur un mur de Lusignan, son fief

Feu de la Terre

On s’est toujours demandé d’où me venait cette vitalité démesurée qui faisait de moi la bâtisseuse entreprenante que l’on connait. Et si elle me venait de la Terre Creuse, celle que les légendes nomment Agharta et dont la capitale est Shamballa ? Dans ce Royaume, il est une source incandescente appelée « Vril » *, que d’autres nomment « önd », le souffle de vie qui fut donné aux humains par Odin. Le Vril, c’est la force vitale des dieux, un immense réservoir d’énergie proche du Ki des chinois et du Prâna des hindous et dont les « courants telluriques » de la Vouivre ne sont que l’expression extérieure. Le Vril, c’est la Voie du Guerrier ! Les Vikings, en recherche d’énergie combative, en « chargeaient » leurs drakkars à proue de dragon. On dit aussi que les runes lui doivent leur force magique agissante. Mais le Vril, c’est surtout la géo-énergie émise par la rotation de notre planète et qui participe à la fois de l’électricité, du cosmo-tellurisme,  de l’électronique, du magnétisme et de la force psychique, tout en véhiculant de l’information. C’est cela que ma queue de serpent puise sans limite et dont je me revêts comme d’un habit de lumière ! Cette énergie sacrée, susceptible de transformer l’homme en dieu, vit en germe au cœur de chaque être, au plus profond de ses cellules et de son ADN en double serpent. Elle est l’énergie blanche des guérisseurs et des sorciers. C’est une puissance magique opérative que je suis venue réveiller en la tempérant de mon eau. « Tempérance », la lame XIIII du tarot de Marseille, n’exprime-t-elle pas, à travers son transvasement permanent entre l’énergie bleue et l’énergie rouge de la robe,  tout ce que je veux signifier ?

 * Le mot Vril a d’abord été utilisé par les rosicruciens au 19ème siècle et a été popularisé par la nouvelle de Edward George Bulwer-Lytton, Vril: The Power of the Coming Race (1870). Ce mot a été déconsidéré par son usage par des sociétés secrètes nazies.

Feu du Chaudron

Sourcière autant que sorcière,  il m’arrive de prendre les traits de la Kerridwen celtique. Alors, d’un coup de baguette, ou plutôt de cuillère magique, le bassin où je me baigne devient chaudron et le dieu Kernunos est à mes côtés, brandissant un serpent. Quant à mes bains purificateurs, il me suffit de ceux de la lumière des astres, lorsque, tout juste « revêtue du ciel », je m’en vais, sous la lune pleine, ramasser  les plantes sacrées destinées à imprégner l’Eau de mon chaudron de leurs informations divines. Mais le secret de mon art est encore dans le Feu. Celui de la Terre sur lequel j’ai pouvoir : il brûle sous mon chaudron comme il brûle en moi-même. Celui du ciel appelé par les battements répétés de la cuillère, rappelant ceux d’une queue de serpent dans un bassin de marbre. Et, lorsque le chaudron bout à gros bouillons signifiant que les deux feux coïncident, alors les exhalaisons se répandent dans l’Air. Le breuvage d’éternité, « fixé » à travers les quatre éléments de la « matière », est prêt. A défaut de Raymondin, le jeune Gwion sera le prochain initié s’il passe les épreuves… Le voilà d’ailleurs qui recueille trois gouttes volatiles et, avec elles, la Connaissance des quatre éléments et l’art de la transmutation. Je veux le vérifier et, tandis qu’il m’échappe sous la forme d’un lièvre courant sur la terre, je deviens lévrier à sa poursuite. Il plonge alors dans l’eau sous la forme d’un poisson et c’est en tant que loutre que je file derrière lui. Il s’élève dans les airs et devient oiseau et moi, épervier prêt à m’abattre sur lui. Apercevant un tas de blé, il y plonge pour n’en devenir qu’un grain parmi les autres.  Mais moi, je deviens poule noire, le retrouve et n’en fait qu’une becquée pour le « passer au feu » du « chaudron » de mon ventre. Neuf mois plus tard, alors que j’ai repris ma forme initiale, j’accouche de Taliésin. « Tournez neuf fois les Cercles dans les Chaudrons » chante un poète de ma connaissance… « Dans son chaudron la sorcière/Avait mis quatre vipères… » chante une comptine. Les vipères… Kernunos n’est pas loin, son serpent à la main…

Serpent de Feu

Kernunos est là, en effet. Assis en lotus, dans cette position indo-européenne, devenue de nos jours si familière, il tient un serpent dans la main gauche. Nous montre-il la voie du « Serpent de feu » ? Dans sa main droite, il brandit un torque. Ce dernier symbolise-t-il le cercle de la « petite fontaine » qu’est notre fontanelle ? La Sagesse hindoue nous parle de l’énergie Kundalini, représentée par un serpent lové dans notre sacrum qui ne demande qu’à s’éveiller jusqu’à la fontanelle et nous conduire à l’illumination. Encore nous faut-il, auparavant, avoir dompté le Dragon en transmutant cette part ténébreuse de nous-mêmes où se côtoient pulsions infernales et peurs associées, reflet de notre ignorance. D’où les purifications nécessaires dans le vase alchimique, quel que soit la forme qu’on lui donne. La montée du Serpent, de chakra en chakra, dans notre colonne vertébrale est souvent comparée au mouvement de rotation d’un bâton produisant le feu par friction. La création toute entière, dit-on, serait le fruit de ce feu de « barattage » qui bouge des énergies opposées telles la lumière et l’obscurité, l’esprit et la matière. C’est aussi l’action de ma queue de serpent dans ma forme de Mélusine… Ici, les énergies opposées se nomment Ida et Pingala. Ida est le « nadi » (ou canal d’énergie) gauche, féminin, lié à la terre et à l’eau, dont le courant circule de bas en haut.  Pingala est le « nadi » droit, masculin, lié au feu et à l’air, dont le courant circule de haut en bas. De leur croisement enspiralé, s’ensuit un frottement  s’exprimant à travers les chakras et qui permet au Serpent de Feu de monter dans Suschumna, le canal central jusqu’à ce qu’il perce la surface de la « petite fontaine ».

Mélusine je suis.
Près de la « Fontaine de Soif »,
Je guette l’eau qui bout…

Légende de Mélusine

Résumé repris sur ce site

Le roi Hélinas d’Albanie rencontre une belle inconnue au bord d’une fontaine, et elle accepte de l’épouser pourvu qu’il lui promette de ne pas la voir pendant ses couches.

Celle-ci, Pressine, met bientôt au monde trois filles : Mélusine, Mélior et Palestine. Mais Hélinas ne peut s’empêcher d’entrer alors qu’elle les baigne. Aussitôt, Pressine s’enfuit avec les bébés, et gagne l’île d’Avalon.

Ayant grandi, les trois soeurs apprennent la faute de leur père. Elles décident de le punir en l’enfermant sous une montagne. Pressine, qui n’avait sans doute pas oublié Hélinas, ne peut rien changer à leur geste, mais, furieuse, elle punit à son tour ses filles : Mélior sera condamnée à garder un épervier dans un château d’Arménie ; Palestine sera enfermée dans le mont Canigou, avec le trésor de son père ; et Mélusine se transformera tous les samedis en serpente « du nombril en aval » et ne pourra échapper à cette malédiction qu’en épousant un homme qui accepte de ne point la voir en cette situation.

Raimondin, dont le père, le comte de Forez, avait lui aussi rencontré une fée au bord d’une fontaine, est élevé chez son oncle, le comte de Poitiers. Hélàs, Raimondin le tue accidentellement au cours d’une chasse au sanglier. Eperdu de douleur, il erre à l’aventure à travers la forêt de Coulombiers.

C’est ainsi qu’il parvient à une fontaine où se tenaient « trois dames de grand pouvoir ». Tout à sa peine, il ne les remarque pas, mais Mélusine quitte ses compagnes, vient vers lui et arrête son cheval. Il est immédiatement ébloui par sa beauté. Elle l’appelle par son nom, et lui promet bonheur et prospérité s’il l’épouse. Il devra seulement ne jamais chercher à savoir, ni révéler à quiconque où elle va et ce qu’elle fait le samedi.

C’est ainsi que Raimondin va devenir le plus puissant seigneur du Poitou. Les noces sont somptueusement célébrées. Près de la fontaine où ils se sont rencontrés, Mélusine édifie le château de Lusignan. Et elle donne naissance à dix fils, dont les huit premiers sont porteurs d’une tare physique. Mais aucun nuage ne vient pour autant ternir le bonheur et la prospérité du couple …

Jusqu’au jour où le frère de Raimondin insinue des choses sur les activités de Mélusine le samedi. Raimondin, bouleversé, ne peut s’empêcher de rejoindre le bas de la tour où elle s’est enfermée. De son épée il perce un trou dans la porte, et il découvre sa femme prenant son bain,  » jusquà la taille, blanche comme la neige sur la branche, bien faite et gracieuse, le visage frais et lisse. Certes on ne vit jamais plus belle femme. Mais son corps se termine par une queue de serpent, énorme et horrible. « 

Le pauvre homme, pris de frayeur, se signe. Mais, très vite, il rebouche le trou. Il retourne auprès de son frère et c’est contre lui qu’il rejette sa fureur. Il déclare Mélusine irréprochable, et le met à la porte du château.

Mélusine, de son côté, feint de ne s’être aperçue de rien, et la vie continue comme avant …

Jusqu’au jour où un de leurs fils, Geoffroy la Grand’Dent, incendie sauvagement l’abbaye de Maillezais, avec les moines qu’avait rejoints son frère Fromont. Raimondin, horrifié, voit là le signe du caractère diabolique de sa femme, et il ne peut s’empêcher de la traiter en public de « très fausse serpente ».

C’en était trop, le serment était rompu. Mélusine saute par la fenêtre. Elle redevient serpente, et s’envole.  » Elle fait trois fois le tour de la forteresse, poussant à chaque tour un cri prodigieux, un cri étrange, douloureux et pitoyable. « 

Raimondin ne l’a jamais revue. Mais on dit qu’elle revint nuitamment allaiter ses deux derniers fils qui n’étaient pas sevrés. Et qu’elle se manifeste, en criant, chaque fois que la mort va toucher sa descendance, ou que son château s’apprête à changer d’occupant.



Kerridwen

La légende de Taliesin d’après Le livret du Barde de Syd

Il était une fois, et il n’était pas, en pays de Pennlyn, terre du souverain Tegid Voel Le Chauve, une femme d’une grande beauté, pleine de talents et de grands savoirs sur les choses secrètes. Cette femme avait pour nom Cerridwen (ou Kerridwen) est était l’épouse même de Tegid Le Chauve
De leur union naquirent trois enfants, Creiwyl une enfant magnifiquement belle comme sa mère, Morvran et AfangDu l’enfant le plus laid du monde. C’est pour sa laideur que Cerridwen semble le chérir plus que les autres, c’est pour sa laideur qu’elle cherche les magies les plus fortes, les filtres les plus secrets. Cet enfant laid lui hante le cœur et son amour pour lui désire le sauver de son infortune. A force de quête Cerridwen trouve enfin le moyen de compenser la laideur de l’enfant par la possibilité d’acquérir le savoir primordial. A cet effet elle prépare le chaudron de la connaissance et d’inspiration qui doit bouillir durant une année et un jour.. Elle sait, que trois gouttes de ce breuvage donné à l’enfant seront pour lui l’inspiration divine, celle qui illumine l’âme, promet tous les savoirs et tous les dons. Son fils alors n’aura plus à rougir de sa laideur puisque la beauté de l’âme lui sera donnée.
Le temps passant à faire bouillir le breuvage la Reine met à sa surveillance un jeune homme du nom de Gwyon Bach, ainsi qu’un vieil aveugle du nom de Mordra. Ils doivent ensemble veuillez à ce qu’il y ait toujours du feu sous le chaudron et que le liquide ne déborde pas. Ainsi font-ils, car Ceridwen, tout aussi belle soit elle peut avoir de terrible colère. Une année est passée, le cycle rond du temps a bientôt fermé sa boucle et le temps du breuvage arrive pour Afgdu.
Ce jour là Cerridwen est en quêtes d’herbes et de plantes magiques. Gwyon et Mordra discutent et discutent tant qu’ils ne voient pas le breuvage gonfler, buller de plus en plus, comme une grosse soupe enfin trop chaude qui pouffe des vapeurs. Trop tard le liquide jailli, saute, éclabousse tant et si bien que surpris Gwyon n’ayant pas eu le temps de s’écarter s’y brûla la main.
La douleur est terrible, le feu, le chaud est là, l’instinct porte sa main à la bouche Trois gouttes de magie le touche tout entier, pénètre par sa bouche. La lumière, la chaleur l’envahit tout entier comme un soleil nouveau, Gwyon est ébahi, choqué : n’a t-il pas bu là les trois gouttes réservées à Affgdu ? Et Gwyon, la tête soudain remplie de savoir, sait, voit, comprend la colère de Cerridwen. : il doit fuir !
La colère de Cerridwen fut terrible, elle cria, hurla, frappa la terre de ses talons, frappait tous ceux qui passait à sa portée, elle n’épargna pas Morda. On l’entendit jusqu’au bout des pleines, en haut des montagnes, le long des rivières du royaume. Ses larmes se mélangeaient à ces cris et tous tremblaient en l’entendant.
Ivre de rage et de chagrin la Reine parti à la recherche de Gwyon pour le châtier. Terrifié, l’enfant se cachait , entendit les cris, les menaces professées dans la colère. Alors qu’il entendait son pas plus proche, faisant appel à sa sagesse toute neuve, il se transforma en lièvre espérant courir si vite qu’elle ne pourrait le rattraper. Peine perdue Cerridwen était bien savante elle aussi des choses de magie et elle se transforma en lévrier. Ainsi elle courrait aussi vite, plus vite et l’approchait toujours plus. Prenant son élan Gwyon se change en poisson et Cerridwen devient loutre, Gwyon oiseau Cerridwen faucon. Toujours armé de son pouvoir de métamorphose Gwyon devenant grain se cache dans un tas de blé. Cerridwen devint immédiatement poule noire et avale les grains et par là – même Gwyon.
A l’aube d’un autre jour la Reine vois la grosseur de son ventre. Alors que son mari Tegid Le Chauve est parti combattre les pirates Gaëls et établir des fortifications le long des côtes, elle comprend immédiatement ce qui lui est arrivée. Cet enfant qu’elle attend ne peut être que le jeune Gwyon, la graine qu’il était devenu et qu’elle avait avalée, et se prépare à une deuxième naissance. Keridwen, le jour venu, va seule mettre au monde l’enfant Cet enfant est tellement beau que lorsque ses yeux croisent les siens, elle ne peut se résoudre à l’éliminer afin de le cacher aux yeux du monde, et lui construit une sorte de couffin tressé en joncs et en mousse qu’elle confie à la bienfaisance des eaux d’une rivière qui, loin de là, va mélanger ses eaux à celles de l’océan…
Neuf jours et neuf nuits durant, Gwyon fut ballotté au gré des flots mais sans jamais pleurer. Il n’éprouva ni la faim, ni la soif, car l’eau de la pluie prenait soin de le désaltérer et de tous petits poissons de sauter hors de l’eau pour rejoindre directement sa bouche. Au soir du dixième jour il arriva en vue d’une terre, celle du roi Gwyddno, connu pour posséder l’une des treize merveilles du royaume, un filet qui, chaque soir qu’il est mis à l’eau, rapportait suffisamment de poisson pour nourrir toutes les bouches du clan, et même plus. Gwyddno avait un fils, Elfin, un des garçons les plus malheureux et infortunés qui soient, et qui, ce soir-là, avait par son père été chargé de relever le filet, afin de lui porter chance.Habitué à son infortune il ne fut pas surpris lorsqu’il releva le filet et qu’il n’y trouva que le couffin tréssé et aucun poisson. Dans ce couffin, il y vit Gwyon, et Elfin fut si ébloui par sa beauté qu’il le nomma Taliesin et repris courage et ardeur en revenant chez lui. Son père, s’il commença par se lamenter de ce qu’Elfin n’avait rien pêché pour nourrir le clan, fut lui aussi sous le charme quand il vit le bébé.Et il le fut plus encore lorsque rassasié et réchauffé, le bébé entreprit de leur conter son histoire, celle de Gwyon Bach et Keridwen, et ce, sous la forme d’un chant aux sonorités parfaites.
Puis Taliesin prit la parole :
 » Grand merci à toi, Elfin, de m’avoir ainsi recueilli et accueilli. Entend maintenant que tu ne le regretteras pas car je suis Taliesin et si bientôt mon nom brûle parmi les innombrables étoiles du ciel, crois bien que je ne serai pas ingrat et que tu trouveras avec moi une récompense à la hauteur de ta gentillesse.  » Taliesin passa quatre années dans la maison d’Eflin, quatre années qui le virent passer d’enfant, au jeune homme qu’il est aujourd’hui au grand émerveillement des gens du roi Gwyddno. Tout ce temps, il s’appliqua à égayer son bienfaiteur qui, de timoré et voûté qu’il était, devint peu à peu un homme de compagnie agréable et de bonne conversation.
Vint un jour d’automne où Elfin les quitta, ayant été invité par son oncle Maelgwin Gwynedd à séjourner sur ses terres, à Degawny.Alors qu’il se trouvait là-bas, en compagnie des hommes de son oncle, à recevoir le boire et le manger, tout en écoutant les bardes chanter la gloire de ce dernier. Elfin, à qui la boisson avait fait perdre un peu la tête, se vanta d’avoir barde plus talentueux et femme plus fidèle que quiconque à Degawny.. Son oncle, entra dans une colère rouge, le fit jeter en prison, puis envoya Rhun, son fils illégitime, un jeune homme d’une beauté à laquelle aucune femme ne résistait, avec pour mission d’aller séduire la femme d’Elfin. Mis au courant de tout le stratagème, Taliesin, alla trouver sa protectrice pour tout lui raconter et lui proposer de la remplacer par une servante qui endosserait ses vêtements et ses bijoux. Rhun coucha donc avec la servante et, au petit matin, lui trancha le doigt qui portait l’anneau d’Eflin, avant de s’enfuir en direction de Degawny. Là, on fit sortir Elfin de prison pour lui montrer la preuve de l’infidélité de son épouse. Il répondit :  » Ah !! Ce doigt est trop petit, son ongle est sale, et il porte encore les traces du pétrissage du seigle, ce ne peut être celui de ma femme !!  » Maelgwin, furieux, fit remettre Elfin en prison, sous les yeux de Taliesin, car il avait suivi Rhun en secret lorsqu’il s’était enfui.
Plus tard dans la soirée, et sous la conduite d’Heinin leur chef, les trois bardes de Maelgwin se préparèrent à chanter pour apaiser le courroux de leur roi. Mais Taliesin leur avait joué un tour à sa manière, et ne sortirent de leurs bouches graisseuses que des  » bleub bleub  » maladroits et autres sons grotesques. Puis Taliesin s’avanç, fit connaître à tous sa présence, et, pour mieux confondre les bardes de Maelgwin, se mit à chanter avec une telle force que son chant déclencha une tempête qui s’apaisa aussitôt les dernières notes retombées. Maelgwin, reconnaissant alors qu’il surpassait tous ses bardes et probablement tous ceux du royaume, fit amener Elfin dont il fit tomber les chaînes L’oncle et le neveu désormais réconciliés, Taliesin conseilla à Elfin de prétendre qu’en plus de la femme la plus fidèle et du barde le plus talentueux, il avait également le cheval le plus rapide, ce qu’il fit.. Trois jours plus tard, une course était organisée et Taliesin alla trouver le coureur de Elfin et le muni de 24 branches de houx brûlées en lui donnant pour instruction d’en frapper chaque cheval qu’il dépasserait avant de jeter son manteau là où le sien ferait un faux pas.
Ainsi fut fait et après qu’Elfin eut remporté la course, Taliesin l’emmena là où était tombé le manteau en lui conseillant de creuser à cet endroit précis.Il y trouva un chaudron remplit d’or et, s’étant acquitté de sa dette, lui ayant établi considération et richesse, Taliesin quitta Elfin.. C’est ainsi que Taliesin parcouru les terres du monde pour y trouver le sujet de nouvelles chansons et parfaire sa connaissance en toute chose

Le Château

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Texte de Michel Capmal*

Quelque part dans l’insoupçonné, le château. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours habité ce château. Il est là, depuis des millénaires et des millénaires, dans le labyrinthe. Contenant et contenu. Envers et endroit. Château de l’Unique. Habiter ce château veut dire rêver et agir en un même mouvement. C’est comme se mettre en route vers un lieu primordial où devient possible le geste qui unifie et réalise les opposés. Un geste qui, jusque-là, relevait d’une impossible souveraineté. Afin que sa propre vie soit d’un seul tenant mais ramifiée. Ramifiée comme l’arbre qui contient en lui-même la forêt entière. Et qui se dresse haut le dans ciel. Malgré un climat hostile et un terrain ruiné, ses racines sont allées au plus profond de la nuit alluvionnaire.

Sous le regard du soleil, l’alchimiste passe sa tête à travers la voûte étoilée et découvre les rouages de l’univers grâce à la revitalisation de sa pensée. D’après le liber chronicum, 1493, Hartman Schedel (1440-1514)

Ici, le gisant, le dormeur se réveille. Il va se réveiller, glissant d’un plan, d’une sphère, d’une dimension à l’autre. Avec lenteur, lenteur infinie. Il vient de l’autre côté du jour, et avance pas à pas vers le centre insituable d’un espace où lueurs et ombres mêlées vont peu à peu se disjoindre jusqu’à la limite de l’anéantissement.

Limite litigieuse et cependant imperceptible sur laquelle s’inscrira l’heure décisive ; quand les perspectives voudront s’inverser.

Le dormeur ? Un rêveur absolu, définitif. Rien n’est vrai, tout est à réévaluer. Maintenant commence la reconnaissance des lieux. Et d’abord le temps. Le temps, nullement aboli, nié, oublié mais suspendu, tenu à distance, gardé en réserve. Le temps est là, là-devant, retenu en quelque suspens de l’angoisse et du désir. Ange, démon…Cadence et densité. Écrire, dans l’ombre du temps. Et dire à mi-voix…

Il y a un grand rire dans la rue sous la pluie.
Une immense joie à la fin de la nuit.
Une seule et (et peut-être plusieurs) vraie(s) raison de vivre.

* Michel Capmal est un poète, auteur, entre autres ouvrages, de « Nous avons perdu les hautes terres, notre errance est infinie » aux Editions « Le chemin brûlé ».
« Le château » (ci-dessus) est un extrait de « la Nuit des Hyperboréens » (parution à venir)

La spirale des Cercles primordiaux

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Texte de Patricia Buigné-Verron

Debout, dans la vastitude de l’Univers, un Géant taillait un diamant, laissant échapper, d’un geste ample et sacré, chaque précieux éclat dans le néant.

Délivrance de la semence cosmique. Explosion de l’étincelle primordiale. Premiers frémissements de la Vie. Naissance du mouvement qui anime. Libération des trois cris de la Lumière blanche. Emanation du premier Souffle. Vibration originelle..

Issues du geste primordial, des ondes circulaires se superposent, se déploient et s’écoulent, imprimant  dans l’énergie du monde leur mandala vibratoire. Un peu partout, des Cercles sont activés exprimant chacun, un rythme spécifique, une note spéciale, une fragrance personnelle, une saveur particulière.

Pendant ce temps, dans l’invisible, le diamant originel rayonne, aimantant chaque éclat déposé en inclusion au coeur des Cercles afin qu’il se souvienne. Bientôt, une Danse des Cercles s’amorce, enspiralée, lumineuse et joyeuse. Ce blog en est témoin

Patricia Buigné-Verron
www.mouvement-interieur.org

La Cellule, premier Cercle du Vivant…

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Article de Patricia Buigné-Verron
www.mouvement-interieur.org

 

Cinquante milliards ! Vous vous rendez compte ? Nos corps sont constitués de cinquante milliards de cellules ! Elles font tellement partie de nous que nous ne nous interrogeons pas sur ce miracle. Et d’abord, nous souvenons-nous comment est né ce Premier Cercle du Vivant ? Retour à la Source…

L’atmosphère primitive

Il y a quinze milliards d’années : le Big Bang présumé.  Des particules atomiques se forment puis se condensent donnant naissance aux étoiles, dont le Soleil. Autour du Soleil, des débris tournent dans l’espace et s’agglutinent pour former les planètes. Parmi elles, la Terre, une boule de matière en fusion, sans atmosphère, une fournaise totalement minérale, ne contenant aucune trace de vie, mais régulièrement bombardée par une pluie de comètes et d’astéroïdes. Les roches fondent, se mélangent et libèrent des gaz et de la vapeur d’eau. C’est l’atmosphère primitive de la Terre.

 
Le premier environnement

La température de la Terre diminue. Sa surface se solidifie. La vapeur d’eau se condense et les premières gouttes s’abattent sur le sol. Bientôt, c’est une pluie terrible, violente et bouillonnante qui tombe pendant des millions d’années et qui s’ajoute au bombardement électro-magnétique… Les cratères produits par les météorites se remplissent d’eau et l’océan se forme. Cette eau, sans oxygène, contient des molécules chimiques en suspension : les acides aminés,  vingt « briques » élémentaires à la constitution de la vie. C’est la « Soupe Primitive », premier environnement où toutes les conditions sont réunies pour qu’apparaisse la toute première cellule vivante.


Hors du chaos, la cellule…

Hors du chaos des molécules, l’ordre veut se faire. Les « briques » de la Vie, c’est-à-dire les acides aminés, se regroupent par associations variées et donnent les protéines dont la forme allongée diffère, selon celle des acides aminés choisis et selon leur assemblage spécifique. Il y en aura 150 000 modèles possibles. Beau début d’organisation, mais nous comprenons bien aujourd’hui combien les grands volumes sont difficiles à gérer sans confusion. Heureusement, l’évolution a une idée. On pourrait travailler sur des plus petits volumes…  Il suffirait alors de fabriquer une membrane pour protéger un petit nombre de protéines, sans toutefois que celles-ci soient isolées du reste de l’environnement. Cette membrane devra être souple et fluide et suffisamment perméable pour permettre les échanges métaboliques et le libre accès, à l’intérieur, des nutriments de l’Eau de Vie. Et c’est ainsi que la cellule fut…

Au centre de la cellule, le noyau avec l’ADN…

Tout Cercle appelle un centre duquel la Vie rayonne. Ce centre, ce sera le noyau, dépositaire de la précieuse double hélice de l’ADN, cette banque de données qui porte des milliers de gènes encodant l’information des caractéristiques du corps humain. Et comme notre cellule n’a pas dans l’idée de rester seule, elle se donnera les moyens de se reproduire en fabriquant un brin virtuel (l’ARN) qui servira à la duplication de l’ADN d’autres cellules.


image tirée du livre « la biologie des Croyances »

Au cœur de la cellule, le mouvement, pulsation de vie…

Et le mouvement qui fait la Vie ? L’évolution y a pensé… La plupart des acides aminés ont une charge électrique positive ou négative. Or, la protéine, qui a choisi sa séquence personnelle parmi les vingt acides aminés à disposition, s’est dotée d’extrémités dont la charge est de même signe ou de signe opposé. Il suffit alors d’un signal extérieur pour que ses extrémités se repoussent ou s’attirent selon leur charge. A la fin du signal, la protéine reprend sa forme allongée de base. Mais voilà que, dans ce jeu de mouvement, notre protéine crée des liens avec ses sœurs avoisinantes, les entrainant elles-mêmes en rotation, dans un système d’engrenages dont l’énergie assure les fonctions métaboliques de digestion, respiration et de contraction musculaire. Voilà comment notre protéine se retrouve alors au cœur du mouvement, dans cette « danse de la Vie » qui fait pulser la cellule.


La membrane, comme un cerveau…

« Mais d’où vient donc ce « signal »  auquel mes protéines répondent, se demande la cellule étonnée ? Qui est le maître de ballet ?  Les gènes de l’ADN ? Non, ils sont bien le programme, mais pas le programmeur ! Qu’on me retire le noyau dans ce procédé appelé « énucléation » et vous verrez bien que je continuerai à vivre pendant quelque mois. Je ne finirai par mourir que parce que je ne pourrai plus me reproduire. Par contre, si on me retire la membrane… alors là, je deviendrai comateuse, comme si on débranchait mon cerveau et je mourrai !» Voilà comment pourrait s’exprimer notre cellule…


Le cerveau dans la peau !

La membrane, l’enveloppe, la peau… Le mot est lâché !  Nous savons combien les stimuli tactiles précoces jouent un rôle vital dans notre développement. Ne dit-on pas que le toucher est le « père de tous les sens » ? Nous y reviendrons…  C’est la membrane de la cellule qui capte les informations du milieu décidant lesquelles peuvent rentrer ou pas dans l’espace intracellulaire pour réguler les fonctions internes. Comme le ferait un système nerveux, la membrane analyse les milliers de stimuli qu’elle reçoit grâce à ses protéines réceptrices et effectrices (l’action) enchâssées dans sa peau souple et fluide. Elle les reçoit sous forme de « perceptions » que notre corps tout entier traduira en « sensations » et notre esprit en « émotions »…


L’aspect vibratoire

Or, si l’on considère, dans la perspective quantique, que l’univers est un ensemble de champs d’énergie individuels tissés dans un canevas d’interactions, nous pouvons postuler que toute information erronée, en provenance de l’environnement, va changer les paramètres biologiques de nos cellules et modifier le champ énergétique. Or, il est des interférences destructives provenant de trois sources de stimuli :

  • traumatiques et physiques (chocs, accidents),
  • toxiques et chimiques (molécules de médicaments, les métaux , pesticides et autres polluants),
  • mentales et ondulatoires (ondes wifi, lignes à haute tension, stress)…

onde


Les soins énergétiques, une aide dans l’auto-guérison

Comment créer des interférences constructives réparatrices ? Commençons déjà par nous préserver au maximum des diverses pollutions énergétiques de l’environnement. Méfions-nous également des messages négatifs de l’entourage : le médecin qui dit à son malade (même s’il pense cela sans le dire !) qu’il n’en a plus que pour quelques jours à vivre, les dépistages organisés des cancers (mammographies, coloscopies) qui stressent les assurés et les font vivre davantage dans la crainte de la maladie que dans la joie de la santé ! Accordons davantage de place aux soins énergétiques susceptibles de corriger les champs vibratoires défectueux : chiropractie, ostéopathie, thérapies corporelles, homéopathie, acupuncture, nourriture naturelle, compléments alimentaires… Par son approche holistique, le soin donné par le thérapeute énergétique, peut permettre à la vie de retrouver son flux naturel. Accordé à l’univers, le thérapeute est aussi – selon moi – accordé à la fréquence vibratoire de coeur. Et, comme nos cellules ont juste besoin qu’on leur rappelle qu’elles font partie d’un Tout, un soin par la Conscience Vibratoire du Toucher  peut être une bonne indication par son action directe.  Prenons en compte aussi l’effet placebo qu’il est bien dommage d’associer aux malades imaginaires et aux patients influençables. Célébrons plutôt « l’effet croyance », cette « foi » nécessaire, confortée par la relation positive avec l’accompagnant. Elle est une preuve de la capacité de guérison de l’esprit et du corps.


De nos « croyances » à l’épigénétique

Accorde-t-on suffisamment d’importance aux ondes de nos pensées qui font partie intégrante de l’ensemble des stimuli ?  Ces ondes véhiculent aussi bien des croyances limitatives et autres sabotages en provenance de notre inconscient, que les pensées créatrices et génératrices de vie que nous cultivons. « La position de l’observateur modifie le système qu’il observe » nous dit la physique quantique. Or comment observons-nous la vie à travers le filtre de l’environnement dans lequel nous évoluons ? Allons-nous engendrer une destruction ou bien une création selon que ce filtre soit purifié ou non ? Une Création ! Retenons surtout cela… Selon cette nouvelle biologie, nous pouvons même modifier le fonctionnement des gènes dont on hérite à la naissance ! C’est comme si ces derniers étaient contrôlés par une série d’interrupteurs et que la nourriture qu’on avale, l’air qu’on respire ou même les câlins que l’on reçoit avaient le pouvoir d’activer ces interrupteurs. C’est en tout cas l’objet d’étude de cette nouvelle science appelée « épigénétique » (épi signifiant « au-dessus », comme dans le mot épiderme = au-dessus du derme).


Quand les Cellules s’assemblent…

La première cellule (une bactérie) est née dans l’eau, disions-nous au début de cet article… Dans cette Soupe Primitive au milieu ambiant si favorable, ces organismes unicellulaires n’ont pas tardé à se multiplier, vraisemblablement jusqu’au surpeuplement. Se sont-ils mis à se heurter les uns contre les autres pour tenter chacun de trouver sa place ? Ont-ils été forcés, en raison de cette nouvelle promiscuité, de chercher une solution efficace  de coopération sous la forme d’un regroupement en communautés multicellulaires altruistes dont l’humain serait le résultat final ? Contrairement à ce que disait Darwin, la compétition n’est pas seulement à la base de l’évolution. Les travaux de Jean-Baptiste de Lamarck, prédécesseur de Darwin, qui proposent une notion de coopération dans une adaptation permanente, laissent imaginer que la survie dans la communauté tient davantage à l’alliance qu’au combat. Que se passerait-il, en effet, si chacune de nos milliards de cellules décidait de vivre pour elle seule, de combattre pour être la reine, plutôt que de coopérer avec ses cellules compagnes ? A la survie du plus fort, la survie du plus généreux est plus probable. Dans ce contexte, il ne s’agit plus de guerre mais d’Amour.

Le Corps humain – La solidarité des Cellules

Ce titre de paragraphe est une rubrique du « Dictionnaire du livre de la nature » d’Omraam Michaël Aïvanhov, avec, à sa suite, la définition suivante :
Selon les organes auxquelles elles appartiennent (coeur, estomac, poumons cerveau…) les cellules de notre corps sont comme des individus de natures différentes, occupées à des activités différentes. Elles pourraient donc se sentir étrangères les unes aux autres, et même hostiles. Mais dans un corps en bonne santé, on dirait qu’elles ont conscience d’appartenir à un seul être qui les embrasse et les unit toutes : l’homme lui-même. De façon analogue, les humains sont les cellules de cet immense organisme, la nature qui est le corps du Créateur.

Le Créateur est le seul être véritablement existant et toutes les créatures sont des cellules de son corps. Mais comme la conscience de ces cellules que sont les humains n’est pas unifiée, ils s’opposent, se heurtent… Ils se croient justifiés dans leur haines et leurs affrontements, s’imaginant défendre de grandes causes, la nation et la race. […] Tant qu’ils cherchent à exclure des créatures qui font partie comme eux de l’Être sublime, le Créateur, ils entrent en conflit avec le Tout et ils s’excluent eux-même du Tout.


Quand les Cercles s’assemblent…

Dans « le Cercle des cercles, quand les Cercles s’assemblent« … nous parlons exactement de la même chose et l’illustration ci-dessous, qui s’apparente si fort au mouvement des protéines en engrenage, ne pourrait mieux résumer l’élan de ce blog !

Patricia Buigné-Verron
http://www.mouvement-interieur.org

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Nota : Je ne suis pas une scientifique et ces pages qui ont été pour moi un effort d’association mode droit/mode gauche du cerveau. Désolée si quelques erreurs ont pu se glisser. Pour l’écrire, je me suis référée à divers sites internet parlant d’astrophysique (pour le début de l’article) et aussi à l’excellent livre du biologiste cellulaire Bruce Lipton « la Biologie des Croyances ».

Dialogue du Serpent et de l’Oiseau

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Article de Patricia Buigné-Verron
www.mouvement-interieur.org

Un serpent se dorait au soleil près de l’anfractuosité du rocher où il nichait.
Sur le rocher, un Oiseau lissait ses plumes dorées.

– Oh, dit le Serpent à l’Oiseau, s’il te plait, prête moi l’une de tes plumes pour écrire un mot !
– Que veux-tu écrire, répond l’Oiseau ?
– Un mot qui me fait rêver : « voler » ! Voler au-dessus des nuages, voler par delà les plus hautes montagnes pour voir ce qu’il y a derrière, sentir le souffle du vent sur mes écailles, entendre siffler tous les oiseaux du ciel, sentir s’écouler dans mon gosier les gouttelettes d’eau absorbées en plein vol, brûler au feu du soleil qui a doré tes plumes…
– « Voler », c’est juste un mot, dit l’Oiseau. Ma plume ne te permettra pas de voler !
– Il me suffit de l’imaginer répond le Serpent. Je prendrai ta plume dans ma bouche et écrirai laborieusement mon mot dans la poussière du sol. Je créerai l’image et je sais que, dans un retournement renversant, l’en-dedans deviendra l’en-dehors. « Serpent » sera « penser » et « image », « magie ». Je passerai de l’autre côté du miroir, deviendrai un Serpent à Plumes et je libèrerai l’Oeuf du Monde (1)

– D’accord, dit l’Oiseau. Voici l’une de mes plus belles plumes pour écrire ton mot… En échange, peux-tu me fournir l’une de tes écailles pour creuser la terre ? Mon bec n’est pas assez puissant.
– Pourquoi veux-tu creuser la terre demande le Serpent ?
– Je veux savoir ce que l’ombre recèle,  retrouver les ossements des Anciens et respirer leur Sagesse, connaître le goût des vers des profondeurs. Je veux ressentir le poids de la terre sur mes plumes légères. Je veux percevoir le grondement grouillant de la vie du monde d’en bas. Je veux vibrer au feu intérieur de la terre…
– Comment pourrais-tu avoir une telle expérience avec ma seule écaille, petit oiseau fragile ?
– Il me suffira de l’imaginer, répond l’Oiseau. Je tiendrai ton écaille en mon bec et fournirai l’effort nécessaire pour creuser. Je créerai l’image et, dans un retournement renversant, l’en-dehors deviendra l’en-dedans. Mon « S en Ciel » s’élevant de « oiSeau » se fera serpent. Je visiterai l’intérieur de la terre et ferai les transformations nécessaires pour trouver la pierre cachée (2).  Je passerai de l’autre côté du miroir et deviendrai un Oiseau à Écailles !

 

(1) Allusion au Quetzlcoatl, divinité aztèque formée d’un oiseau (quetzal) et d’un serpent (coatl), symbolisant l’union du Ciel et de la Terre. Dans certaines traditions, l’Oeuf du Monde, symbolisant le Verbe, sort de sa bouche…

(2) Allusion à la célèbre formule des alchimistes qui condense leur doctrine: « Visita Interiorem Terrae Rectificando Invenies Operae Lapidem » (V.I.T.R.I.O.L.), soit, « explore l’intérieur de la terre. En rectifiant, tu découvriras la pierre cachée ».

Clin d’Oeil à Jacques Prévert

Pour faire le portrait d’un oiseau

Peindre d’abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d’utile
pour l’oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l’arbre
sans rien dire
sans bouger…
Parfois l’oiseau arrive vite
mais il peut aussi mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s’il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau
n’ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l’oiseau arrive
s’il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l’oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau
Faire ensuite le portrait de l’arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l’oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été
et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter
Si l’oiseau ne chante pas
C’est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s’il chante c’est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucment
une des plumes de l’oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Corps et Terre en accord

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Article de Patricia Buigné-Verron
www.mouvement-interieur.org

Texte jailli au son d’un tambour chamanique

Corps à Terre
Terre à Corps
Corps accord
Terre accord
Encore

Corps à Corps
Terre à Terre
Corps encore
Terre encore
Accord

Terre en Corps
Corps en Terre
Dans la mort
En accord
Explore

La Vie dort
Vie d’or
Vie, mord !
Vie/Mort
Honore.

Le Cercle dans les différentes traditions

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Article de Dianann

www.carnutes.com


Le cercle a toujours été utilisé pour expliquer l’origine des choses, pour s’orienter dans le monde et pour symboliser les merveilles de la nature. Il a toujours joué un rôle dans les rituels religieux, destiné à contenir l’expérience du sacré.

Tourner autour ou à l’intérieur de l’espace ou de l’objet sacrés est un rite universel que l’on retrouve dans de multiples traditions.

  • Les prêtresses vaudoues tracent un cercle sur le sol.
  •  Les amérindiens font des danses circulaires.
  • Les esquimaux gravent un cercle dans la pierre.
  • Les derviches tournent sur eux-mêmes.
  • Les roues médecines étaient dessinées à même le sol à l’aide de pierre que l’on déposait pour former un cercle dans lequel se trouvait des rayons, un peu comme une roue de charrette du 19ième siècle.

A l’intérieur du cercle, l’espace n’est plus ordinaire mais sacré.

LES MANDALAS

Le « mandala » veut dire « Cercle » ou plus exactement « Cercle sacré » ou  » Cercle magique ».

Le mandala représente le monde idéal. C’est une forme géométrique avec un centre : la concentration, et une périphérie : l’organisation. Chaque mandala classique, d’origine orientale, a comme contenu un Mantra, formule sacrée hindouiste ou bouddhiste. Le Mantra est l’âme du mandala. La définition d’un mandala repose sur trois principes d’organisation : le point central, le rayonnement de ce point, et la frontière extérieure circulaire.

Le point central symbolise le mystérieux centre d’énergie, lieu de naissance de toute existence dans l’espace et le temps. Il symbolise également l’unité, la totalité et la perfection. Le point central apparaît comme commencement et comme fin de tous les chemins possibles.

Le rayonnement issu du point central se développe de façon centrifuge jusqu’à la frontière circulaire où il se reflète, pour rejoindre le centre, en mouvement perpétuels de façon centrifuge et centripète confondues. Le point central est le point de départ et d’arrivée de tous les mouvements signifiants l’unité dans la diversité ou la diversité dans l’unité.

Le cercle, véritable frontière avec l’extérieur, est le protecteur de son contenu sacré, notamment du point central. Il est aussi le symbolisme de l’infini et de l’absolu. C’est une visualisation de l’Univers.

Le centre d’un mandala représente le centre de l’Univers. C’est le coeur de l’univers qui comporte la sagesse, énergie venant du vide, du silence. Dans ce silence vivent l’unité, le divin, l’invisible, le métaphysique.

La périphérie représente la création du monde. C’est aussi la diversité de l’univers en organisation, née de son centre.

 

LES CERCLES DE PIERRES 

 

Stonehenge se compose de 4 ensembles concentriques de pierres :

L’ensemble externe est constitué de grands blocs de grès rectangulaires qui forment un cercle de 30 mètres de diamètre.

A l’intérieur un deuxième cromlech constitué de blocs plus petits.

Un ensemble de trilithes en grès, composés chacun de 2 blocs verticaux surmontés d’un linteau. Ils sont disposés en fer à cheval et à l’intérieur se trouve un bloc de grès évoquant une pierre d’autel.

Un fossé circulaire de 104 mètres de diamètre, et d’un talus ou furent creusés 56 puits : les trous d’Aubray.


La fonction de Stonehenge fut l’objet de nombreuses théories :

Prédiction des solstices et équinoxes, des éclipses de soleil et de lune, calendrier par calcul des positions du soleil et de la lune par rapport à la terre, et bien entendu cérémonies religieuse.

LE CERCLE RITUEL

Un rituel est un instant particulier où l’on prend le temps d’être hors temps et hors espace. Les formes de bases de la création sont le cercle (éternité) et le carré (incarnation)

Le cercle, sans fin, ni commencement, symbolise le temps et l’éternité. Il est la limite magique infranchissable. Le ciel, le soleil, le souffle divin sont symbolisés par le cercle. IL vient se juxtaposer au carré de la Terre afin de parfaire à la création incarnée.

Les Clairières au rond bordé d’arbres, les Bosquets n’échappent pas à la frontière sphérique qui associe la magie du Cercle et la symbolique divine de l’arbre.

Il est l’espace sacré délimité par le Druide.

Le cercle est semblable au temple, à la mosquée, à la synagogue, au dojo ou à la clairière d’un bois. Le cercle établit le lien au cosmos et sanctifie tout ce qui s’y trouve. Il protège aussi contre l’extérieur.

Le centre de cet espace sacré servira symboliquement de pivot, d’axe de rotation.

Le premier sens est « le sens des aiguilles d’une montre » ou encore, le « sens solaire », d’est en ouest. Ce sens est constructeur.

L’autre sens est le sens inverse des aiguilles d’une montre que l’on dit aussi « sens polaire », parce que les étoiles tournent dans ce sens autour de l’étoile polaire. Il correspond à l’énergie dissolvante de l’univers.

 

 CLIN D’OEIL

« Vous avez remarqué que toute chose faite par un indien est dans un cercle. Il en est ainsi parce que le Pouvoir de l’Univers agit selon des cercles et que chaque chose tend à être ronde. Dans les temps anciens, lorsque nous étions un peuple fort et heureux, tout notre pouvoir nous venait du cercle sacré de la nation, et aussi longtemps qu il ne fut pas brisé, notre peuple a prospéré. Tout ce que le Pouvoir du Monde fait est réalisé dans un cercle. Le ciel est rond, et j’ai entendu dire que la terre est ronde comme un ballon, et que toutes les étoiles le sont aussi. Le vent, au sommet de sa fureur, tourbillonne. Les oiseaux fabriquent leur nid dans un cercle parce qu’ils ont la même religion que nous. Le soleil s’élève et redescend en formant un cercle. La lune fait de même, et tous deux sont ronds.

« Même les saisons, dans leur changement, forment un grand cercle et reviennent toujours où elles étaient. La vie de l’homme est un cercle de l’enfance à l’enfance, et ainsi en est-il pour chaque chose où le Pouvoir se meut ».

Paroles d’Élan Noir, dans « Pieds nus sur la terre sacrée »


Le Féminin Sacré

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Le Féminin Sacré

Article de Bran du (le Corbeau Noir)
http://les-dits-du-corbeau-noir.blog4ever.com

Approcher le Féminin sacré, l’ambassade de la Déesse, implique pour l’homme de tenir ses engagements et ses serments envers lui-même et ses dieux ( les Forces/Energies et Lumières) (son animus) qu’il sert de cœur et d’esprit, faute de quoi, la relation escomptée et recherchée ne peut s’instaurer… La responsabilité de cet échec au sein de la quête repose entièrement sur l’homme indigne, par son comportement et ses attitudes négatives, injustes et destructrices, de postuler à la Royauté de son Être sur les territoires mouvants et émouvants de la Vie…

Le lieu de « rencontre »

Le rendez-vous se tient à la source, au puits, à la fontaine, aux rives et rivages, près de la matricie originelle et de l’écoulement de ses eaux pourvoyeuses de bien être et de bienfaits… C’est en ce lieu privilégié que se trouvent les « Bonnes Dames », les Fées, les Ondines…

L’eau est donc le lieu spécifique de la « Rencontre »… C’est dans cette « enclave sacrée » que surgira, des ondes « primordiales », le Feu aimant et amant d’où surgiront le Serpent, le Taureau et le Bélier comme surgissent du Chaudron les trois gouttes de santé, de connaissance et d’immortalité….

Le Féminin sacré est fondamentalement lié au Monde Blanc, au Gwenved, au Monde de la Pleine Lumière… C’est le Monde de la Blancheur suprême synonyme de Spiritualité…

Le seuil infranchissable

La démarche du Masculin consisterait à s’unir au Féminin sacré pour aller à la rencontre du rayonnement de la Pleine Lumière dont il recevra les rayons bienfaisants et les « forces et énergies » constitutives de son être en évolution vers le monde spirituel… Toutefois en cette quête amoureuse l’homme se devra de ne pas franchir la Limite imposée , une limite à n’outrepasser en aucun cas…

Quelle est cette limite, ce seuil infranchissable, qui dépassé, enfreint, entraîne la cessation du lien et la disparition du pôle lumineux dispensateur de bien être ?

Quelle est dans ce « Féminin sacré » le point d’inaccessibilité ?…

C’est, peut-être, le verger ou le jardin secret du Féminin , ce qui préserve, alimente, subtante, protège, régénère le Féminin lui-même… la partie éternellement virginale que l’homme ne saurait en aucun cas déflorer ?…

Mélusine comme « archétype »

Mélusine (Mère Lusigne ou Mère Lucie de « lux, lumière ») est liée incontestablement elle aussi au « Monde Blanc ». Son origine se trouve dans le Pays d’Albâtre: l’Albanie : «  le Pays Blanc »… Son nom à pour signification « la Merveille ». ( On pourrait comprendre et entendre en ce terme : la Mère Veille !)…

Elle est fille d’un roi et d’une fée. Elle a don aussi partie liée à la souveraineté et à la source de celle-ci, a la fonction royale et aux Dames Blanches gardiennes des fontaines et autres « écoulements sacrés »… En tant que représentante de la Déesse et Servante de Celle-ci, elle est détentrice des pouvoirs de délégation qui participent de l’élection Son service, sa mission et fonction est assujetti à un interdit (lequel se transmet de Mère en Fille)

Lors de certaines « périodes » la relation entre la polarité masculine et son complément féminin doit s’estomper ( le samedi pour ce qui est de Mélusine) (Lors de « ses couches » pour sa Mère)… La rupture, par l’homme, de l’interdit, du serment prononcé, entraîne, pour la Mère de Mélusine et ses filles, l’exil sur une île perdue… Pour se venger de ce sort consécutif au non respect par son père de ses engagements envers sa mère, Mélusine se rend en « Albanie » et enferme (enclos) son père dans une forêt dont il ne sortira plus. Sa mère offusqué de cet acte réalisé sans son consentement et accord condamne sa fille vengeresse à devenir une « femme-serpente » qui ne sera délivrée de cet état ambivalent que par un homme qui devra lui respecter son serment ( ne pas voir son épouse le samedi )… Mais, Raymondin trahira aussi son épouse et le serment sera rompu après 25 ans de vie commune des plus douces et la mise au monde de huit enfants comportant chacun une difformité étrangement valorisante… C’est elle qui aura fait bâtir la résidence de sa famille : le château de Lusignan… Elle disparaîtra à jamais de la vue de son bien aimé tout en protégeant encore ses enfants au-delà du monde visible…

(Il est à noter que Raymondin rencontrera sa future épouse dans une forêt du Poitou auprès d’une fontaine ; celle de la Soif-jolie, où se retrouvent les Dames Blanches… Il est dit que le Seigneur Raymondin se fit ermite pour expier sa faute.)

Le récit légendaire (sur fond mythologique et archétypal) nous dit que Mélusine, sous le regard horrifié de son époux fautif, se transforme aussitôt en serpent ailé…

Voilà une « illustration » de l’étude précitée qui mérite bien quelque investigations par notre pensée et nos capacités d’études et d’analyses!…

Le Serpent et le Cerf

On peut dans « Serpent » lire et entendre la présence du Cerf lequel mène un combat « quasi mythologique voir alchimique » avec le serpent qu’il absorbe selon des récits anciens avec son venin au printemps dans un rite de régénération… Serpent et cerf sont donc en relation comme sur le celtique chaudron de Gundestrup par l’intermédiaire d’un médiateur appelé : Cernunnos !)…

Le héros irlandais Finn est étroitement liè lui aussi au cerf par son nom même (son fils Oisin signifie le faon et sa mère est une femme au nom de biche)… Finn ira dans l’Autre Monde à Samain… Il aura accès à la Connaissance par le Saumon et s’approchera du « Chaudron »… Le féminin sera aussi son guide…

J’aime renverser le son des syllabes car le résultat est parfois « renversant »… Ainsi serpent qui devient penser !!! La corde qui serre le pied par lequel Odhinn se pend pour accéder à la Connaissance des Runes est peut-être elle aussi révélatrice de certains mystères…

Les mythes, des « organisateurs » de l’âme humaine

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transpArticle de Patricia Buigné-Verron
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Le chemin de l’être essentiel

Le besoin fondamental de l’être humain est de retrouver le chemin de son être essentiel, bien au-delà de tout ce conditionnement que la société et l’éducation a fait peser sur nous. Car qui sommes-nous en réalité ? Cet ex-enfant sage et discipliné qui, dans son application à correspondre à ce qu’on veut de lui, a perdu toute sa créativité ? Ce travailleur sans passion qui oeuvre par devoir et par nécessité ? Ou bien ce rebelle qui trouve dans l’agressivité une soupape de sécurité à son énergie créatrice inemployée ? Et si plutôt nous étions ce dieu, cette déesse, ce héros, mais aussi ce monstre et ce titan dont les mythes et les contes sont remplis ? Et si tous ces êtres fabuleux qui osent tout et qui peuvent tout, vivaient en chacun de nous sous la forme de figures archétypiques ?

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Les mythes, langage de l’âme collective

Depuis que l’homme s’exprime, existent les mythes. Joués, mimés, chantés, dansés, pour mieux les intégrer en soi, leur tradition était purement orale. Ils étaient l’extériorisation symbolique des fantasmes qui faisaient la singularité de chaque être dans la tribu. L’acceptation inconditionnelle de la variété des manifestations individuelles constituait le trésor culturel de ces civilisations dites « primitives ». Un monde fabuleux vivait en chacun, témoignant constamment du contact avec les Dieux. A travers les divers modes d’expression d’un même langage de l’âme que les mythes relataient à leur façon, le partage avec les autres était cadeau et enrichissement pour tous. Ainsi s’organisait sainement la vie psychique.

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Les mythes, récits de l’histoire de l’humanité

Grâce aux mythes qui racontent l’origine du monde, des dieux, des hommes, la création des animaux, l’origine des traditions, des rites et de certaines formes de l’activité humaine, s’organisait aussi la vie sociale et spirituelle ainsi que la transmission des connaissances. Toutes les cultures en possèdent. Relatant des événements situés dans un temps antérieur à l’histoire des hommes, ces récits, qui mettent en scène des êtres et des processus surnaturels, relient tout naturellement les humains au monde spirituel.

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Les Anciens et les mythes

Pour les chamanes et les prêtres-médecins égyptiens, les maladies provenaient d’une perte d’âme, bien souvent d’ailleurs générée par la « maladie des Ancêtres ». Le traitement consistait alors à apaiser l’âme des Ancêtres en la mettant en contact avec l’esprit ou le dieu qui lui correspondait au moyen de voyages chamaniques. Quant aux dieux – qui étaient des valeurs de l’être au même titre que nos concepts d’aujourd’hui – ils étaient alors des modèles accessibles qui avaient visage humain avec leurs imperfections. On les nommaient « démons » quand ils exprimaient leur face sombre. Aujourd’hui, « Dieux et démons » sont, selon Jung, l’expression des deux versants de l’archétype. Les voyages chamaniques resurgissent dans les mythes qui nous sont parvenus. Quant à la maladie des Ancêtres, c’est le travail transgénérationnel qui s’emploie à la guérir.

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L’oubli des mythes et la perte d’âme

Mais avant d’en arriver là, l’âme a connu bien des tribulations. En effet, une distinction progressive entre l’âme et l’esprit allait être officialisée en 787 par le concile de Nicée et confirmée en 869 par celui de Byzance. Il semblerait que, l’imagerie spontanée de l’âme donnant à chaque être des dons jugés suspects, l’église ait trouvé préférable de privilégier l’esprit, c’est-à-dire l’expérience des cimes (Mont Sinaï, Mont des Oliviers, etc.) au détriment de l’âme, c’est-à-dire l’expérience des vallées, ce lieu de dépression émotionnelle (vallée des larmes, vallée de l’ombre et de la mort, etc.) . Mais peut-on imaginer une montagne sans sa vallée ? Importante scission qui vida les images de leur Sens profond et donc de leur pouvoir divin… A partir de ce moment, elles ne furent plus que représentations d’idées et illustrations de doctrines théologiques. Le langage de l’âme disparut et, avec lui, l’efficacité symbolique des mythes. Le Verbe n’était plus Chair et il fut donné à l’homme de connaître la confusion de la Tour de Babel. Les fantasmes qui faisaient auparavant la richesse de chaque être furent appelés « désordres ». La notion de « norme » naquit et tout ce qui n’y entrait pas devint pathologie. L’homme avait perdu son âme.

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La résurgence des mythes

Quand les grands systèmes symboliques collectifs sont usés et que les images ne sont plus qu’allégories ou idéologies, chacun est condamné à recréer son propre système symbolique. C’est à ce moment que les créateurs retrouvent spontanément les mythes fondateurs de notre culture. Si nous devons aux artistes de la Renaissance d’avoir commencé à exhumer les mythes de l’antiquité gréco-romaine, aujourd’hui, des disciplines aussi diverses que l’histoire, l’archéologie, l’anthropologie, l’ethnologie, la linguistique ou la psychanalyse s’y intéressent. Freud a réactualisé le mythe qui lui permit d’élaborer le fameux complexe d’Oedipe. Jung quant à lui, tout en élaborant son concept « d’inconscient collectif », a dégagé des mythes et des rêves, la notion d’archétypes, ces images primordiales prenant leur source à l’origine de l’humanité. Le chemin de l’âme est maintenant retrouvé. Nourrissons-le.

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L’approche

Ce chemin de l’âme, il est possible de le nourrir en fortifiant l’ancrage individuel grâce à des repères collectifs
– d’ordre géographique (qui célèbre l’Esprit du lieu),
– d’ordre culturel (qui évoque l’histoire et les légendes rattachées à l’Esprit du lieu)
– et d’ordre spirituel (qui tient compte des courants spirituels rattachés à l’Esprit du lieu).

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La danse des Derviches Tourneurs

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Espace d’Etoiles
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La danse des derviches est une des techniques utilisées par Fawzia al rawi

Vue de l’extérieur, la danse des derviches ressemble à un tourbillon – mais au centre règne le calme le plus absolu. L’être intérieur des danseurs se transforme en un axe, leur corps en une roue en mouvement. Les danseurs deviennent le centre de l’univers, totalement présents à eux-mêmes et pourtant reliés à tout ce qui les entoure, en un dialogue silencieux entre monde intérieur et monde extérieur. Musique et danse se fondent en un rythme qui les emporte vers le battement de leur cœur et la présence des autres.

Ce que nous portons en nous se manifeste dans le monde qui nous entoure. Si la terre est aujourd’hui en danger, c’est parce que nous vivons et agissons à l’encontre de la nature. Les tragédies de l’environnement, l’exploitation des paysages, la pollution de l’air et de l’eau, l’agonie des forêts sont le reflet exact de l’état de conscience de l’humanité.

Nous vivons une époque où les vibrations de la terre s’intensifient et où le temps nous semble passer toujours plus vite. L’agitation augmente, les tensions se multiplient et nos attentes se manifestent plus rapidement dans la vie. Pour apprendre à faire des choix empreints de sagesse et de créativité, il est vital d’avoir une vision de l’essentiel et de pouvoir suivre ce que nous dicte notre cœur.

Le soufisme est un chemin du cœur qui vise à aider les êtres humains à relier leur monde personnel à l’Unité. Ce chemin n’appartient ni à l’Orient ni à l’Occident – c’est un chemin humain qui, à travers la compréhension de l’ego, mène à la liberté. Et la méthode peut se résumer en un mot : l’Amour.

Tout chemin spirituel est un chemin de guérison, une porte qui s’ouvre sur l’intérieur et mène à ce qui est éternel en nous. Dans le soufisme, ce chemin passe par le cœur qui est vu comme le centre de la transformation et le lieu de toute connaissance. Car le cœur est le seul lieu où nous puissions véritablement réconcilier les paradoxes de la vie et nous rapprocher d’une compréhension authentique. Toutes les techniques, toutes les méthodes (danse, respiration, rituels traditionnels de guérison, contes et voix) se concentrent sur le cœur.

La danse des derviches tourneurs est l’une des plus anciennes techniques soufies ; en tant que forme, elle nous aide à nous ancrer dans le cœur et à boire à notre véritable source, individuelle et unique. La spiritualité est toujours un chemin vers la connaissance et la compréhension de soi qui passe par une prise de conscience de ses pensées, de ses paroles et de ses actes.

Nasruddin transportait dans sa barque un érudit particulièrement imbu de sa personne. Alors qu’il venait de s’exprimer maladroitement, l’érudit lui demanda : “N’avez-vous donc jamais étudié la grammaire ?” – “Non” répondit Nasruddin. “Mais alors, vous avez gaspillé la moitié de votre vie !” s’exclama son passager. Quelques instants plus tard, Nasruddin se tourna vers l’érudit et lui demanda : “Avez-vous jamais appris à nager ?” – “Non, pourquoi ?” répondit le lettré. “Et bien vous avez gaspillée toute votre vie – nous coulons !” répliqua Nasruddin.

Fawzia Al-Rawi :

Après avoir suivi des études en Langue et Civilisation Arabes, en Islamologie et en Ethnologie auprès des Universités de Vienne (Autriche) et du Caire (Egypte), le Dr Rosina-Fawzia Al-Rawi a vécu pendant 12 ans à Jérusalem, où elle a travaillé et élevé ses enfants, tout en approfondissant sa pratique du soufisme sous la direction de Sidi Shaykh Muhammad Sa‘id al-Jamal ar-Rifa‘i ash-Shadhuli.

Elle enseigne dans ce domaine depuis plus de vingt ans et a notamment mis au point des méthodes holistiques destinées aux femmes et qui visent à développer la noblesse du cœur et la prise de conscience. Son travail allie la danse, la méditation et les techniques de respiration à des pratiques traditionnelles soufies telles le dhikr, la danse des derviches tourneurs, ainsi que l’étude et l’utilisation des 99 Noms Divins.

Le rêve, un fragment d’âme délivré

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Article de Patricia Buigné-Verron
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Les Anciens et les rêves

Depuis l’aube de l’humanité, les rêves fascinent par leur aspect étrange, merveilleux ou quelquefois terrifiant. Messages des Esprits pour le chamanisme primordial, messages des Dieux pour les civilisations antiques (égyptiennes, grecques et romaines), les rêves organisaient la vie du groupe. En Grèce où l’on pratiquait le « rêve d’incubation », le consultant était invité, après une certaine préparation, à dormir dans les temples consacrés à ESCULAPE, dieu de la médecine. Les rêves qu’il y faisait étaient recueillis par le prêtre qui, par son interprétation, tirait l’explication et le traitement de certaines maladies. Dans la Bible les rêves et les songes ont aussi une place très importante. Ainsi en est-il du songe de Jacob, de Pharaon et de Nabuchodonosor dans l’Ancien Testament et du songe de Joseph, des Mages et de la fuite en Egypte dans le Nouveau Testament. De tout temps, les rêves ont été considérés comme un langage de l’âme.

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Histoire d’âme

Mais qu’est donc l’âme ? Les définitions limitent et divisent. Préférons-leur les amplifications qui élargissent et relient. L’âme, dit-on de diverses sources, a quelque chose à voir avec le cœur, la conscience, l’esprit, le mystère, la pensée, le secret, le souffle, la spiritualité, la transcendance, la vie, l’essence de l’être, le compagnon intérieur, la sagesse, l’amour, Dieu, la Mère divine… Dans certaines traditions, elle est représentée par un oiseau, un ruban, une corde, quelquefois une flamme. Chez les égyptiens, lors de la pesée des âmes, elle doit être aussi légère qu’une plume… Dans certaines histoires, elle est possédée par le Diable ou vendue à celui-ci… On parle du développement de l’âme, des pérégrinations de l’âme, de la quête d’âme… Lorsque nous mourrons, nous rendons l’âme…

Jung et l’âme

Que nous dit Jung sur l’âme ?
« Les conceptions ethnologiques et historiques de l’âme montrent clairement qu’elle est d’abord un contenu appartenant au sujet, mais aussi au monde des esprits, l’inconscient. C’est pourquoi l’âme a toujours quelque chose de terrestre et de surnaturel » (Types Psychologiques).
Ainsi l’âme serait une voyageuse entre deux mondes : le sujet et le monde des esprits, le terrestre et le surnaturel, le moi et le Soi… Nous savons aussi que l’âme, pour Jung, repose dans le féminin de l’être. Que l’homme intègre son anima, et son âme progressivement se révèle. Que la femme – grâce à l’intégration de son animus – reconnaisse le féminin intérieur dont elle est dépositaire dans ses entrailles, et son âme prend corps… En quelque sorte, l’âme est la face féminine de Dieu.

Les lieux de l’âme

L’âme se plait à voyager à travers les sens car elle aime se composer des paysages riches et vivants qui touchent au merveilleux. Elle attache une importance toute particulière aux tonalités sensibles, musicales, colorées, odorantes, gustatives, kinesthésiques. C’est ainsi qu’elle surgit par éclair, quelquefois, à l’improviste, dans le discours du poète à sa muse (son anima), la symphonie du musicien, la danse inspirée, la toile du peintre, la relation avec la nature, l’invention culinaire du cuisinier, et dans toute action créative, quelle qu’elle soit. L’âme aime particulièrement les images qu’elle retourne pour qu’elles deviennent magie. Elle se plait à utiliser le « langage des oiseaux », ce code divin fait de jeux de mots qu’utilisent les rêves pour nous parler parfois… Normal, puisqu’ils la rêvent-elle ! La mythe-au-logis est son lieu de ressourcement. Privée de cette magie, l’âme s’étiole et tombe malade. L’attention prêtée aux rêves la soigne.

Jung et les rêves

Justement, pour Jung, ce psychiatre, la santé du rêveur passe par le déchiffrage des messages très importants qui lui sont livrés dans ses rêves. Avec son cerveau gauche, Jung a construit une grille d’interprétation rigoureuse et méthodique qui représente les balises universelles du chemin de l’âme sans lesquelles on se perdrait. Mais il semble bien qu’avec son cerveau droit, Jung nous ait montré qu’on pouvait avancer tel un chaman sur ce chemin balisé de l’âme. Il suffit pour cela de s’ouvrir à la gamme et l’étendu de nos perceptions subliminales. Alors nous percevons l’essence de l’être qui fait de chacun une personne unique. Dans sa jonction des opposés qui lui est chère, il apparait que Jung allie harmonieusement les deux approches.

La grille d’interprétation jungienne

Tout commence par l’entrée dans le processus d’individuation. Ce processus de croissance psychique naturel était autrefois permis et encouragé par les initiations. Il est aujourd’hui déclenché malgré soi par la crise du milieu de la vie qui s’amorce par une confrontation vivante avec l’inconscient personnel en liaison permanente avec l’inconscient collectif. S’opère d’abord la rencontre avec l’ombre, cette zone ignorée de nous, réceptacle du refoulement, de nos échecs, erreurs, potentiels inexploités, où s’ajoute culpabilité, amertume et peurs. Apparaît ensuite la persona, ce masque social que nous mettons en place en guise d’adaptation au monde. Suit la confrontation avec les archétypes autour desquels s’articulent les complexes. Se découvrent alors les figures de l’anima et de l’animus avec une production de symboles invitant à faire la jonction des opposés. Enfin, le Soi commence à advenir. Cette grille jungienne, très précise, mais dont les étapes généralement se superposent, est illustrée à chaque détour par une variété infinie d’images d’une grande richesse, reliées à un fond archétypique. L’attitude du chaman va s’employer à les décoder dans leur singularité.

L’approche possible

Tout être est porteur d’une histoire sacrée. Les rêves sont le langage de l’âme qui nous aident à en découvrir le Sens. Aussi, sans perdre de vue la grille d’interprétation jungienne, nous sommes invités à accueillir chaque rêve comme un fragment d’âme qui livre une pièce du grand puzzle de notre destiné. Puis, considérant le corpus de rêves dans sa grande diversité, il est intéressant d’en extraire les thèmes principaux. Alors s’ordonnent les pièces et se dévoile peu à peu la trame de l’histoire d’âme incarné par le rêveur qui pourra peut-être entrevoir la réponses à ces grandes questions : d’où viens-je ? qui suis-je ? où vais-je ?

Danser avec la vague d’Amour

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Article de Fabienne Courmont
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Dans mon parcours de danseuse depuis l’âge de 8 ans, et dans mes voyages – qui m’ont fait cheminer à travers différentes formes de danses et traditions – j’étais à la recherche d’une danse universelle qui, au delà de la forme, recrée l’unité corps-âme-esprit. Je me situe maintenant dans une lignée de danseurs qui tissent la trame de la danse depuis la nuit des temps afin de célébrer la vie, relier la terre et le ciel, la matière et l’esprit. De ce cheminement est né un enseignement universel, une danse libre, qui est l’expression de l’Être : la « Danse de l’Être © ».

La quête d’Unité qui m’habite depuis toujours dans l’expression de mon Art, n’est-elle pas maintenant plus que jamais devenue une nécessité pour chacun et pour l’humanité ? Comment passer de la dualité à l’unité afin de retrouver la fluidité dans notre vie ? Je crois que la clé est dans le corps et dans le coeur. Si nous regardons notre corps, il est composé de milliard de cellules. Nous sommes un microcosme à l’image du macrocosme. Toutes ces cellules vibrent et dansent à différentes fréquences plus ou moins denses. Dans la pratique de la Danse de l’Être ©, nous relions le souffle, l’intention du coeur et le geste. Lorsque le souffle habite notre corps dans chacune de nos cellules et chacun de nos gestes, nous commençons à activer notre corps d’énergie. Puis nous ouvrons la porte du coeur pour que l’énergie de vie activée dans notre corps-cosmos s’élève à la fréquence de l’amour, celle de l’Être. Nous exprimons alors le meilleur de nous-même dans notre danse, ce qu’il y a de plus beau et de plus vrai en nous. C’est un voyage initiatique à travers le mouvement car, pour que notre Être danse à travers nous, il est demandé de lâcher la volonté personnelle. L’ego et le mental bloquent le mouvement de vie.

Le premier mouvement de la danse de l’Être © est donc de s’abandonner, de lâcher-prise pour se laisser porter par la vague d’énergie-lumière qui peut alors nous traverser. Le deuxième mouvement est une lente descente consciente, une méditation en mouvement jusqu’au coeur de la cellule par le Butô de la lumière ©. Pour s’élever il faut d’abord descendre. Là commence la danse de transmutation, car la Lumière révèle l’ombre et libère les mémoires cellulaires qui entravent le libre mouvement de notre Être. Le troisième mouvement est spirale. Ancrés dans la terre, connectés au cosmos et centrés dans le coeur, nous créons une double spirale ascendante-descendante qui permet la transmutation du corps par la Lumière. C’est la noce alchimique dans le creuset du coeur des énergies terrestres et célestes, féminines et masculines. Nous recréons ainsi l’Unité primordiale. Nous dansons alors avec la vague. Nous nous laissons porter par elle, nous sommes la vague… Comme dans tout mouvement de vague, il y a une crête et un creux, une inspiration et une expiration. Dans la présence à notre Être, nous apprenons à accompagner ce mouvement de la vie qui est un mouvement cyclique. Alors nous pouvons accueillir sans résister, dans la fluidité, la grande vague d’amour universelle qui déferle actuellement sur la Terre.

Le danseur-passeur de lumière, vers un renouveau de la danse sacrée

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Article de Fabienne Courmont
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Notre monde matérialiste a besoin de retrouver le lien avec le sacré. La danse est pour moi ce lien vivant. En Occident malheureusement elle a depuis longtemps perdu les racines qui la reliaient à une tradition spirituelle, la religion ayant séparé le corps et l’âme.

“La danse de l’Être”tente d’approcher ce mystère de l’indicible en reliant le corps, l’âme et l’esprit. Pour cela, je dirais qu’elle est à la fois un art et un art-thérapie, transcendé par un troisième élément qui est la dimension sacrée de la danse. Je parlerais plutôt de la fonction de danseur-passeur de lumière, faisant référence à un archétype ancien où la danse était l’Art qui permettait le passage d’un monde à l’autre.J’aimerais pour cela vous partager la vision qui m’habite d’un archétype des temps anciens de “danseuse-passeuse de lumière”. Elle dansait dans les temples ou dans la nature. Sa danse, en harmonie avec le lieu, les éléments, la communauté et en lien avec l’Esprit permettait la connexion Terre-Homme-Ciel.
Son corps habité était un temple vivant et vibrant où l’Esprit pouvait descendre. Dans sa reliance corps-âme-esprit, elle faisait le pont entre les mondes. Son costume était l’univers. Ses gestes et les formes qu’elle créait, étaient comme un mandala ou figure géométrique sacrée qu’elle traçait dans l’éther.
Son rôle était d’harmoniser, équilibrer, élever la vibration des lieux ou des personnes, alchimiser le lourd en léger, amener les mondes de beauté sur Terre. Parfois accompagnée d’un danseur, ils symbolisaient dans leur danse l’union sacrée, une des portes d’accès à l’Êtreté.Cet Art de la danse des temps anciens est de plus en plus présent en moi. Je crois qu’il est inscrit en chacun de nous, femme ou homme. Ne serait-il pas en train de revenir pour nous souvenir de ce que nous sommes réellement : des Êtres de lumière ?
Je crois qu’un renouveau de la danse sacrée est nécessaire pour notre monde matérialiste moderne en décrépitude, perdu dans les méandres de l’égo. Je citerais Isadora Duncan, femme visionnaire et initiatrice de la danse libre, disant en 1909 : “La danse de l’avenir sera un art hautement spirituel comme au temps des Grecs. Car un art qui n’est pas spirituel n’est pas un art, c’est une marchandise quelconque”.Ce renouveau du sacré dans l’art auquel je me consacre avec la “danse de l’Être” est pour moi un appel du Vivant, un hymne à la vie, une ode à la nouvelle Terre en train d’émerger.

Le Retour du Toucher

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Article de Patricia Buigné-Verron
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Les perceptions tactiles constituent notre premier univers. Enveloppé par le liquide amniotique, bercé par le rythme cardiaque de la mère, l’être humain garde en lui le doux souvenir d’un monde ouateux originel où les sensations corporelles sont les seules réalités qu’il connaisse. Il n’aura de cesse de les rechercher sa vie durant.

L’éducation, le manque

Malheureusement, l’éducation (« ne touche pas ! ») et la société vont freiner son élan naturel vers le contact corporel, le limitant à des circonstances privilégiées : la mère qui touche son enfant, la poignée de main sociale et les relations sexuelles. Hérité de l’enfance, un manque vital s’installe : manque d’être touché, reconnu, accepté, aimé. Une faille se creuse dans le développement de la sécurité de base nécessaire, faussant insidieusement les relations avec les autres et le sens de la vie

Le retour au toucher

Générées par ce manque d’être touché, ont fleuri de nombreuses techniques corporelles : des techniques à tendance médicale (drainage lymphatique, thérapies manuelles manipulatoires ou non…), des méthodes réflexes (shiatsu, réflexologie…), des techniques de bien-être (massage ayurvédique, massage californien…), des thérapies psychocorporelles (végétothérapie, bioénergie, massage sensitif, haptonomie, psychologie biodynamique…)

Il semble que le toucher redevienne un style de communication sociale et communautaire de l’Etre, dans une recherche « d’ambiance émotionnelle ». L’autre est celui que je touche et avec lequel je fais quelque chose qui me touche.

Retrouvons notre Créativité !

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Article de Patricia Buigné-Verron
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La quête de Sens

Le non respect de notre environnement, les conditions de vie matérialistes et individualistes, la perte des valeurs humaines nous laissent stressés, anxieux, perdus et quelquefois même désespérés. De ce chaos, une quête de sens émerge. Impérative, elle prend toutes sortes de formes : intérêt pour l’écologie, développement personnel, démarche spirituelle… Un danger aussi peut nous guetter : celui de consommer de la spiritualité comme du reste, à grand coût de stages, de livres et de pratiques onéreuses, peut-être même de sectes… Et si, tout simplement nous étions attentif au « Mouvement Intérieur » qui s’agite aux tréfonds de notre Être ? Et si nous l’écoutions s’exprimer ? Alors, peut-être nous montrerait-il la voie de la créativité, cette Source inépuisable, tapie en chacun de nous…

Le chemin de l’âme

Accéder à cette Source demande de créer les conditions qui lui sont favorables : faire taire les bruits parasites, aménager des temps de méditation, de retraite, de réflexion, marcher dans la nature… Ce faisant, on met en sourdine l’hémisphère gauche du cerveau, rationnel et analytique, qui aime nommer, catégoriser, lire, écrire, parler, résoudre les problèmes abstraits. Alors, peut émerger une autre voix, celle de l’hémisphère droit, intuitif et émotionnel, qui aime utiliser l’image ou le rêve, dessiner, sentir les choses, percevoir l’ensemble, faire des liens entre les éléments. Ainsi, retrouve-t-on progressivement le chemin de l’âme…

Créer sa vie

Dès lors, un pont est jeté entre le cerveau gauche et le cerveau droit, entre le monde extérieur et le monde intérieur, entre le visible et l’invisible… La voie de la Création personnelle, unique, est ouverte. Surgissant sous des figures variées, l’énergie créatrice fait éclater tous les moules pour donner forme à nos peines, nos joies, nos rêves. Elle s’exprime à travers l’art et la poésie, par symboles ou par métaphores. Le processus créateur, qui rend visible l’invisible, est un processus de guérison car il permet de se sentir en vie en touchant le centre de notre être, là où réside le sens. Ce processus, accessible à tous, permet de re-créer sa vie.

Créativité et énergie

« Corde d’argent » entre les dieux et les hommes, la créativité nous délivre une substance nourricière incomparable sous la forme d’une énergie considérable. Mais cette énergie, de quelle nature est-elle : Energie vitale ? Energie sexuelle ? Energie de réalisation ? Energie amoureuse ? Energie prophétique ? Energie visionnaire ? Energie de guérison spirituelle ? Elle est tout cela à la fois. Ces sept qualificatifs qui évoquent les vibrations de plus en plus subtiles des différents chakras, sont les sept notes de la symphonie énergétique qu’un musicien divin a composée pour nous. Mais la partition nous échappe encore et nos notes ne sont pas accordées. Comment retrouver la musique sacrée ? Ecoutons celle de l’âme collective que jouent les mythes, contes et légendes. En notre âme individuelle, à travers notre Corps de Rêve, cherchons la résonance. De la « corde d’argent », retrouvons la conscience. Puis laissons-nous vibrer dans une transe-en-danse… Alors les notes énergétiques s’envoleront. Elles se feront parfums, couleurs, images. Elles danseront sur l’écran de nos rêves, s’exprimeront dans le lyrisme de nos écrits ou bien se poseront sur une oeuvre tirée de notre imagination créatrice. Alors jouera pour nous la Musique de l’Être…

L’approche

Accorder une grande importance à l’imaginaire c’est redevenir magique, c’est aussi s’émerveiller, s’enchanter dans la joie et enfin, s’abandonner à l’énergie créatrice, source de transformation et d’expansion intérieure…

Le Mouvement Intérieur

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Article de Patricia Buigné-Verron
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D’abord il y a eu le Mouvement d’en haut…

Propulsé par le Big-Bang, le Mouvement a organisé l’Espace. Depuis, la Terre tourne autour du Soleil et la Lune autour de la Terre dans un mouvement circulaire éternel… Ce faisant, le Mouvement a engendré le Temps. Depuis, les saisons organisent leur ronde, et le jour et la nuit, leur cycle, dans une spirale évolutive toujours renouvelée..

Puis s’est activé le Mouvement d’en bas…

Au coeur de l’Espace et du Temps l’Homme est venu. Le mouvement cosmique s’est emparé de lui, rythmant ses activités métaboliques, physiologiques et psychologiques autour de deux palpitations : le coeur et la respiration.

Entre le Mouvement d’en haut et le Mouvement d’en bas, pulse le Mouvement Intérieur…

Mais souvent, l’harmonie n’est plus car le rythme est rompu. L’environnement, les conditions de vie, l’histoire personnelle et l’héritage transgénérationnel, dérèglent le mouvement. Alors le temps se fige et l’espace se restreint. L’horizon se bouche et les corps se contractent. La vie ne s’écoule plus et les blocages s’installent. Le Mouvement Intérieur est coincé. Comment le rétablir?

Entrons dans la spirale des Cercles et laissons-nous porter !