Le Mind Mapping

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Article de Cyril Maitre 
 
Cyril Maitre
 

Avez-vous déjà entendu parler d’infobésité ? Vous savez, ces personnes qui se sentent submergées par le flux de l’information qui circule… et qui se trouvent dans l’incapacité de les traiter correctement. Le résultat peut prendre des dimensions dramatiques : face à cette masse d’informations, vous sollicitez une mémoire dite de travail qui, trop sollicitée, peut à un moment « disjoncter » : c’est le burn out.

Et vous ? Faites-vous partie de ces personnes qui se sentent submergées par un flux d’informations continu ? Si c’est votre cas, vous avez sans doute besoin d’un outil, d’une méthode pour trier ce qui est important du superflu. Vous ressentez peut-être aussi la nécessité d’organiser, de structurer vos idées pour y voir clair et reprendre le contrôle de votre vie. 

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions pour y arriver. La mauvaise nouvelle… c’est que beaucoup des solutions que vous trouverez dans les livres ne sont pas vraiment opérationnelles. Et l’outil le plus efficace que je connaisse pour organiser mes idées est le mind mapping, appelé aussi carte mentale, carte heuristique ou topogramme.

Avant de proposer moi-même des formations, j’ai bien sûr pratiqué le Mind Mapping. Le premier chapitre de l’excellent livre de Tony Buzan « Une Tête Bien Faite » a constitué pour moi un électrochoc. Je vous le restitue ci-dessous dans son intégralité.

 

L’aventure d’Edward Hughes.

Après la première publication de Une Tête Bien Faite en Angleterre en 1974, “un étudiant assez moyen, qui n’était pas particulièrement brillant dans aucune matière”, passa son brevet à l’âge de 15 ans, en 1982.

Naturellement, il obtint, comme toujours, des résultats médiocres. Ce fut une grosse déception car il souhaitait entrer à Cambridge. Il comprenait bien que s’il continuait ainsi, Il n’aurait aucune chance d’y parvenir un jour.

Cet étudiant s’appelait Edward Hughes.

Quelque temps plus tard, Georges, son père, lui fit découvrir Une Tête Bien Faite. Armé de cette nouvelle connaissance qu’il avait de lui même,, mais aussi des mind maps, de l’apprentissage et de l’étude, Edward repris l’école avec un nouvel enthousiasme et une nouvelle motivation. Il annonça qu’il obtiendrait d’excellents résultats dans toutes les matières et qu’il voulait absolument se présenter à Cambridge.

Ses professeurs furent bien entendu stupéfait et réagirent de façon variée:

“Tu n’est pas sérieux. Voyons, tu n’as aucune chance, tes résultats n’ont jamais approchés le niveau requis par Cambridge”, lui dit l’un d’entre eux.

“Ne soit pas stupide ! Tu pourrais peut-être réussir à obtenir des notes moyennes, mais tu n’y arriveras pas”, lui dit un autre.

Lorsque Edward annonça qu’il voulait non seulement passer l’examen normal, mais aussi présenter une demande bourse, le professeur lui répondit catégoriquement: “Non, c’est jeter l’argent de l’école et ton temps par la fenêtre. Nous pensons que tu échoueras car les examens sont très, très difficiles – même nos meilleurs candidats ne réussissent pas toujours.”

Un troisième professeur expliqua qu’il enseignait le même sujet depuis 12 ans, qu’il était un expert en la matière, et qu’il savait ce qu’il disait lorsqu’il affirmait qu’Edward n’aurait jamais de bonnes notes. Il cita le nom d’un autre élève, qui était bien meilleur et dit à Edward qu’il ne serait jamais aussi bon que lui. Edward protesta.

Un 4ème professeur gloussa. Il admirait l’ambition d’Edward pensait que son rêve était possible mais improbable, et que, même s’il travaillait dur, il n’obtiendrait que des notes moyennes.Mais il lui souhaita bonne chance et lui dit qu’il avait toujours apprécié ceux qui montrait un peu d’esprit d’initiative.

“J’aurais une bonne note !”

A tous ses professeurs , et à tous ceux qui contestait ses objectifs, Edward répondait toujours laconiquement:

“J’aurais une bonne note !”

Après longtemps avoir refusé de présenter Edward à Cambridge, l’école finit par accepter en faisant savoir à Cambridge qu’elle pensait que cet élève n’avait pas vraiment de chances d’obtenir la place qu’il postulait. Et il dut payer lui même lui même les 20 dollars de frais d’inscription pour “ne pas jeter l’argent de l’école par la fenêtre.”

Vinrent ensuite les entretiens à l’université. Les professeurs de Cambridge informèrent Edward de l’opinion qu’avait son école de lui, en précisant qu’ils pensaient eux aussi que ses chances de succès étaient très faibles. Ils admiraient toutefois son initiative. Il lui faudrait au mois un A et deux B, mais plutôt deux A et un B, voir trois A. Et ils lui souhaitèrent bonne chance.

Inébranlable, Edward poursuivit son apprentissage des techniques présentés dans ce livre, et son entrainement physique. Il raconte:

« Les examens approchaient. Je résumais les notes prises lors des deux dernières années d’école ans des mind maps. Je les colorais, je les soulignais, et je créais des schémas directeurs pour chaque cours, et dans certains cas, pour chaque grande partie d’un cours. Je voyais ainsi où et comment chaque les éléments les plus détaillés s’articulaient et j’avais une bonne vision d’ensemble. Ainsi, il me suffisait de « feuilleter » de grandes sections du cours pour me les rappeler avec une précision absolue.

« Je révisais ces mind maps une fois par semaine, et plus souvent à mesure que s’approchait les examens. Je regardais mes mind maps de rappel sans regarder mes livres ni mes autres notes, mais simplement en dessinant de mémoire ce que savait sur chaque sujet, puis en comparant ces schémas à mes schémas directeurs.

« J’ai également lu tous les ouvrages fondamentaux, j’en ai sélectionné quelques-uns, je les ai relus en profondeur, puis je les ai résumé dans desmind maps afin de les comprendre et de les mémoriser au maximum. En plus,j’ai étudié le style propre à la dissertation, en m’exerçant à la rédaction à partir de mes propres mind maps.

« Parallèlement, je faisais du sport en courant de trois à cinq kilomètres 2 ou 3 fois par semaine. Je prenais l’air et j’allais dans une salle de gymnastique. J’ai amélioré ma forme physique, ce qui m’a considérablement aidé à me concentrer. Comme on dit, un « esprit sain dans un corps sain ». Je me sentais bien dans ma peau et dans mon travail. »

Examens et résultats.

Edward passa 4 examens: géographie, géographie pour la bourse d’étude, histoire médiévale et études commerciales.

Voici ces résultats:

Matière

Note

Classement

Géographie A Premier
Géographie pour la bourse Mention Très Bien Premier
Histoire médiévale A Premier
Etudes commerciales A et 2 mentions Très Bien Premier

 

Dès le lendemain de la publication des résultats, le collège de Cambridge qu’Edward avait cité en premier choix confirma son admission et accepta qu’il prenne « l’année sabbatique » qu’il avait demandée pour aller voir du pays avant d’entamer sa carrière universitaire. Pendant cette année là, il travailla à Singapour, puis comme cow-boy en Australie, avant de perdre des vacances aux îles Fidji et à Hawaï. Puis il parti en Californie, où il travailla dans des unités de transfert d’embryons et dans des élevages de bétail. Et enfin, il traversa les USA en travaillant dans des fermes avant de regagner l’Angleterre.

Les études à Cambridge

Avant d’entrer à Cambridge, Edward décide que, parallèlement à ses études il se fixait comme objectif de créer une nouvelle association d’étudiants, de faire beaucoup de sport, de se faire de nombreux amis – en somme, “de passer un moment formidable ».
A Cambridge.

A l’université, il entra tout de suite dans l’équipe de football, de tennis et de squash. En matière d’association d’étudiants, on peut dire qu’il a plus que réussit, car, après avoir fondé la Young Entrepreneurs Society, la plus grande de ce type en Europe, on lui demanda de présider la Very Nice Society, une association caritative comptant 3600 membres, qui en afficha 4500 sous sa présidence – la plus grande association de l’histoire de Cambridge. Au vu des résultats qu’il avait obtenu au sein de ces deux sociétés, les présidents des autres associations lui demandèrent de créer et de présider l’association des présidents!

Quant à ses études, il commença par observer l’habitude de l’étudiant « moyen ».Voici ses conclusions:

« Les étudiants passent en moyenne 12 à 13 heures à lire chaque devoir, notant de manière linéaire toutes les informations qu’ils peuvent. Après quoi, ils passent de 3 à 4 heures à rédiger leur devoir (certains étudiants les réécrivent, passant parfois une semaine entière sur le même devoir). »

Fort de son expérience de préparation de l’examen d’entrée à l’université, Edward décida de consacrer de 2 À 3 heures par jour, 5 jours par semaine, à ses études.

« Pendant ces 3 heures, je faisait une lecture clé en résumant toutes les information intéressantes dans un mind map. Je me fixais comme objectif que, dès que les devoirs étaient donnés, je traçais un mind map de mes connaissances sur le sujet ou de ce que je jugeais intéressant. Puis je le laissais reposer quelques jours en y réfléchissant. Ensuite, je lisais les livres intéressants, en résumant les informations pertinentes dans un mind map. Je faisais alors une pause ou du sport, et, à mon retour je traçais un mind map du devoir à proprement parler. Une fois mon plan terminé, je faisais une autre pause, puis je prenais 45 minutes pour rédiger mon devoir. Avec cette technique, j’obtenais toujours de bonnes notes.»

Avant l’examen final de Cambridge, Edward se fixa un programme identique à celui qu’il avait suivi pour son examen d’entrée et présenta 6 épreuves.

Les résultats, les voici.

Les résultats

Pour le premier examen, il obtint une mention Passable, ce qui est normalement moyen, mais qui en l’occurrence était excellent, puisque 50% des étudiants échouèrent et qu’aucun n’obtint la mention Très Bien. pour le deuxième, le troisième et le quatrième examens, il obtint 3 mentions Très Bien. Et pour les deux derniers, deux mentions spéciales (la meilleur note existant pour ces matières).

Juste après son diplôme, Edward se vit offrir un emploi de strategic thinker dans une multinationale, poste que Cambridge décrivit comme «l’un des meilleurs» jamais offert à un diplômé de l’université. Edward résuma ainsi ses études:

« Cambridge a été fantastique. J’ai eu la chance de beaucoup y gagner – beaucoup d’amis, beaucoup d’expérience, beaucoup de sport, beaucoup d’enthousiasme et de succès dans mes études, et trois années de bonheur absolu. La principale différence entre moi et les autres était que simplement que je savais comment réfléchir – comment utiliser ma tête. Auparavant, je collectionnais les C et les B Parce que je ne savais pas encore comment «obtenir une bonne note». Je l’ai appris. N’importe qui peut en faire autant.»

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